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"Dans la préface de Jean Santeuil, Proust invente devant l’œil de son narrateur un personnage d’écrivain et le montre au travail dans un phare, revenant chaque soir heureux et rieur, content du lieu qui l’inspire et de son histoire qui avance. L’écrivain de papier élabore l’histoire de Santeuil et Proust le laisse faire pour dire, lui, la douceur du phare et les noyades des oies."
Approbation d’Oriane (feutre rouge pointe fine): il faut laisser faire les écrivains de papier. C’est ce que je fais car s’ils ont existé tous ces écrivains auxquels je vole consciencieusement les textes sont pour moi des écrivains de papier, des entités abstraites que je ne connais que par le truchement du livre et qui n’ont, pour cela, d’autre épaisseur que celle de leurs volumes. J’aime cette idée de me transformer en écrivain de papier, être virtuel confondu dans le temps et l’espace n’existant plus que par ces traces dérisoires qu’il laisse çà et là et que ronge le temps. Disparaître… Je n’ignore pas la contradiction qu’il y a entre ce souhait et ces carnets que je tiens avec soin, le corps résiste. Disparaître mais vivante.
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